Cette photographie en noir et blanc montre l’intérieur d’une deux salle de cinéma au fond de laquelle est projeté un film. Le gros plan d’un visage apparait à l’écran.

Janet Cardiff 

(Brussels, Ontario, 1957)

George Bures Miller 

(Vegreville, Alberta, 1960)

 

The Paradise Institute (vue de l’intérieur)

[L’institut Paradis]

2001
Lecteur DVD, projecteur vidéo, commandes électroniques, amplificateur, écran de cinéma, 16 écouteurs, vidéodisque numérique (DVD) de 13 min, 16 fauteuils de théâtre, tapis synthétique, lampes à halogène et à incandescence, bois, contreplaqué, peinture à l’huile du commerce, polystyrène et tissu
300 x 510 x 120 cm
Don anonyme, 2002
Musée des beaux-arts du Canada, 41156
© Janet Cardiff et George Bures Miller. Photo : Musée des beaux-arts du Canada


L’installation The Paradise Institute [L’institut Paradis] prend la forme d’une salle de projection autonome. À l’intérieur, seize sièges de velours rouge sont installés devant une maquette en hyper-perspective, ce qui donne aux spectateurs l’impression d’assister à la projection d’un film** depuis le balcon d’un cinéma ancien. À l’écran, l’action du film suggère la relation tendue entre une infirmière, un patient et un médecin, dans une esthétique rappelant le film noir. Pendant ce temps, des bruits sont perceptibles dans la salle : des voisins toussent, rient ; une amie vient s’assoir à nos côtés et chuchote à notre oreille. Petit à petit, grâce au son ambiant, les limites entre écran et salle deviennent poreuses, les voix de personnages du film quittent l’écran et se retrouvent derrière nous. Un crime est imminent, et notre complicité dans celui-ci est difficile à cerner. Un sentiment de désorientation s’installe, alors qu’à l’écran une maison brule et que, dans nos oreilles, le public se met énigmatiquement à compter.


The Paradise Institute est créé par Janet Cardiff et George Bures Miller pour le pavillon du Canada à la 49e Biennale de Venise (2001), où l’œuvre reçoit un prix spécial du jury et est saluée par la critique internationale. Cardiff et Miller collaborent étroitement depuis 1995. Leurs installations s’appuient sur un travail sophistiqué du son et sur la manipulation des perceptions ; les artistes créent ainsi des espaces éveillant la mémoire sensitive des visiteurs. En résultent des environnements toujours instables, où les structures narratives se confondent et où les identités se trouvent brouillées.


** Cet extrait montre les six premières minutes de la bande-vidéo présentée dans la salle de projection conçue par Janet Cardiff et George Bures Miller. L’esthétique n’est pas sans rappeler le genre du film noir américain : les segments vidéo filmés en noir et blanc offrent de très grands contrastes lumineux ; la trame sonore et les plans noirs qui entrecoupent les scènes participent au suspense de l’histoire ; et les protagonistes sont souvent filmés en plan rapproché. L’extrait vidéo n’a pas de sous-titres pour respecter l’intégralité de l’œuvre. 

MUSÉE DES BEAUX-ARTS DU CANADA

380, promenade Sussex
Ottawa (Ontario), K1N 9N4
613 990-1985

beaux-arts.ca »
Google Maps »