Cette photographie montre sculpture en bois qui comprend trois personnages nus aux formes arrondies. Un homme de profil se tient debout, à gauche, tandis qu’une femme, accroupie devant lui, tient un enfant au-dessus de sa tête. Les visages, dont seule la forme est esquissée, ne présentent aucun trait.

Robert Roussil

(Montréal 1925 – Tourrettes-sur-Loup, France, 2013)

 

La Famille

1949

Épinette enduite de cire rouge

318 x 74 x 66 cm

Don de Bernard Janelle, 1990

Musée des beaux-arts de Montréal, 1990.37

© Succession Robert Roussil. Photo : MBAM, Christine Guest 


La Famille montre un homme nu, debout. Une femme accroupie à ses pieds tient dans ses bras un enfant dont la tête se trouve à la hauteur du sexe masculin. La sculpture, laissée en 1949 sur le terrain extérieur du Musée des beaux-arts de Montréal, provoque une vive controverse qui entraine la censure de l’œuvre. C’est la vue du sexe masculin qui cause surtout l’émoi et pousse la police municipale à saisir la sculpture. Dès l’arrivée de l’œuvre au poste de police, les agents nouent un pagne autour de la taille de l’homme, alors que la femme reste dénudée.


L’histoire tumultueuse de La Famille a valu une certaine notoriété à Robert Roussil, sculpteur québécois moderne au tempérament fougueux et polémique alors peu connu. Fortement engagé dans les mouvements politiques de gauche, Roussil participe à la création de plusieurs ateliers ouverts tant aux artistes qu’aux ouvriers. À partir des années 1960, sa production sculpturale, constituée de modules, forme des lieux qu’il qualifie d’habitables. Roussil évolue dans une période de bouleversement des codes de la sculpture, qui tendent de plus en plus vers l’abstraction.

MUSÉE DES BEAUX-ARTS DE MONTRÉAL

1380, rue Sherbrooke Ouest
Montréal (Québec), H3G 1J5
514 285-2000

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En novembre 1949, des photographies comme celle-ci font le tour du pays dans les journaux canadiens. Elle montre le transport de La Famille, recouverte d’une bâche, dans un véhicule de police. L’œuvre est « incarcérée » pendant un certain temps au poste de police du quartier. La presse montréalaise s’empare de l’évènement et annonce que La Famille s’y trouvera « exposée » pendant quelques jours. Il ne s’agit pas de la seule controverse associée à Robert Roussil. Une autre de ses sculptures, intitulée La Paix, sera partiellement détruite à coups de madrier en 1951.

Arless Zarov

 

Photographie dans l’article non signé « Off to Bastille », The Herald, 11 novembre 1949, p. 1

Archives du Musée national des beaux-arts du Québec

Photo : Musée national des beaux-arts du Québec, Fonds Robert Roussil, P20, D7