Ce portrait plus grand que nature représente une femme nue, debout et légèrement déhanchée. Le modèle est maquillé et chaussé de sandales vertes. La tête et le buste de la femme cachent un portrait installé derrière elle sur un chevalet.

Lilias Torrance Newton

(Lachine, Québec, 1896 – Cowansville, Québec, 1980)

 

Nude in the Studio

[Nu dans l’atelier]

1933

Huile sur toile

203,2 x 91,5 cm

Collection A. K. Prakash

© Succession Lilias Torrance Newton. Photo : Thomas Moore


Nude in the Studio [Nu dans l’atelier] de Lilias Torrance Newton est censuré par l’Art Gallery of Toronto en 1933. Il est vrai qu’à l’époque, l’œuvre déroge sur plusieurs points aux conventions du nu académique. La présence de poils pubiens, le maquillage apparent et, surtout, le port de sandales vertes à talons hauts personnalisent le modèle. Ces détails font basculer l’œuvre de nu académique à la représentation d’une femme nue. La pose confiante du modèle, qui cache le portrait d’un homme (il s’agit du compositeur russe André Illiashenko [1881-1954], peint également par Torrance Newton), a sans doute contribué aux réserves des conservateurs de l’Art Gallery.


Lilias Torrance Newton est la portraitiste canadienne la plus recherchée de sa génération. Elle peint autant les portraits de ses camarades artistes que ceux de personnalités canadiennes, comme le gouverneur général Vincent Massey (1887-1967). Elle sera d’ailleurs la première artiste canadienne mandatée pour peindre le portrait de la reine Élisabeth II. Bien que ses œuvres demeurent fortement figuratives, Torrance Newton géométrise ses formes. Elle confère ainsi à ses modèles caractère et dynamisme.

Collection privée