Cette petite sculpture décorative en bronze doré montre un homme allongé et appuyé sur une lyre. À sa droite se trouve une femme nue assise, la tête penchée vers l’arrière. Au centre des deux personnages se trouve une cavité pouvant contenir de l’encre.

Alfred Laliberté

(Sainte-Élizabeth-de-Warwick, Québec, 1878 – Montréal 1953)

 

Le Vaisseau d’Or

1910-1911

Bronze doré

21,4 x 51,6 x 35 cm

Acheté en 1977

Collection du Musée national des beaux-arts du Québec, 1977.206

Photo : MNBAQ, Idra Labrie


Le Vaisseau d’Or est un porte-encrier sculpté d’inspiration symboliste, référant au célèbre poème éponyme d’Émile Nelligan (1879-1941) composé en 1899. Alfred Laliberté représente le poète qui sombre dans l’écume aux côtés d’une femme rappelant la « Cyprine d’amour » du sonnet, tous deux appuyés sur une lyre. En plus de cette sculpture, Laliberté réalise dans les mêmes années un buste de Nelligan. Le Vaisseau d’Or souligne les affinités qui lient le milieu culturel de l’époque, où les disciplines se répondent et se mêlent dans un but commun d’unification des arts, ici la poésie et la sculpture.


L’artiste québécois Alfred Laliberté est l’un des grands sculpteurs canadiens. Tout au long de sa carrière, il produit plus de 900 sculptures, comprenant des monuments, des statues, des bustes, des médaillons et des statuettes aux thèmes folkloriques. S’il est particulièrement reconnu pour son travail monumental et commémoratif, sa pratique comprend également une production plus personnelle qui révèle son intérêt pour le milieu artistique et ses réflexions sur l’art. Le Vaisseau d’Or est représentatif du courant qui se manifeste à cette époque dans l’art canadien, sous l’influence des mouvements artistiques français et du mouvement Arts and Crafts anglo-saxon. Ce courant préconise notamment l’intégration de l’art dans le quotidien et du beau dans les objets usuels.

MUSÉE NATIONAL DES BEAUX-ARTS DU QUÉBEC

179, Grande Allée Ouest
Québec (Québec), G1R 2H1
418 643-2150

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Le Vaisseau d’Or, d’Émile Nelligan

C’était un grand Vaisseau taillé dans l’or massif,
Ses mâts touchaient l’azur, sur des mers inconnues,
La Cyprine d’amour, cheveux épars, chairs nues
S’étalait à sa proue, au soleil excessif.

Mais il vint une nuit frapper le grand écueil
Dans l’Océan trompeur où chantait la Sirène,
Et le naufrage horrible inclina sa carène
Aux profondeurs du Gouffre, immuable cercueil !

Ce fut un Vaisseau d’Or, dont les flancs diaphanes
Révélaient des trésors que les marins profanes,
Dégoût, Haine et Névrose, entre eux ont disputés.

Que reste-t-il de lui dans la tempête brève ?
Qu’est devenu mon cœur, navire déserté ?
Hélas ! Il a sombré dans l’abîme du Rêve !

Alfred Laliberté

(Sainte-Élizabeth-de-Warwick, Québec, 1878 – Montréal 1953)

 

Le Vaisseau d’Or

1910-1911

Bronze doré

21,4 x 51,6 x 35 cm

Acheté en 1977

Collection du Musée national des beaux-arts du Québec, 1977.206

Photo : MNBAQ, Idra Labrie