Cette gravure en noir et blanc représente une vue du Grand Canal de Venise, bordé d’architectures gothiques, classiques et baroques. Au loin, une gondole glisse sur le plan d’eau.

Clarence Gagnon

(Montréal 1881 – Montréal 1942)

 

Grand Canal, Venise

1905-1906

Eau-forte

24,1 x 29 cm 

Acheté en (ou avant) 1930

Collection du Musée national des beaux‑arts du Québec, 1934.163

Photo : MNBAQ, Patrick Altman


Clarence Gagnon apprend la technique de l’eau-forte un an seulement avant l’exécution de Grand Canal, Venise. Pourtant, l’effet de profondeur et l’attention portée aux détails sont saisissants. Les jeux de hachures texturent les parois de l’édifice de style gothique au premier plan. Au loin, on aperçoit la basilique Santa Maria della Salute, dessinée avec une ligne fine et précise. Les larges étendues non texturées rappellent les compositions horizontales de l’artiste américain James Abbott McNeill Whistler, qui influencera Gagnon et de nombreux autres artistes canadiens. Quant au sujet, la ville de Venise, il est souvent privilégié par les artistes canadiens qui vont en Italie pour parfaire leur apprentissage.  


Le peintre Clarence Gagnon est surtout connu pour ses paysages ruraux du Québec très colorés, dont le style sera repris par maints artistes après lui. Or c’est surtout grâce à ses gravures que l’artiste se fait connaitre sur la scène internationale et acquiert une excellente réputation. La Galerie nationale du Canada en achète un bon nombre dès 1909. Bien qu’il ait continué à tirer quelques estampes à partir de ses anciennes plaques, Gagnon se désintéresse de cette technique à partir de 1917.

MUSÉE NATIONAL DES BEAUX-ARTS DU QUÉBEC

179, Grande Allée Ouest
Québec (Québec), G1R 2H1
418 643-2150

mnbaq.org »
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Pour réaliser Grand Canal, Venise et ses autres gravures, Clarence Gagnon trace d’abord son motif directement sur une plaque de cuivre. Il la grave par la suite dans son atelier. La technique de l’eau-forte consiste à enduire une plaque de cuivre d’un vernis que l’artiste gratte en dessinant à l’aide d’un outil à pointe dure. La plaque est ensuite plongée dans un bain d’acide (l’eau-forte) qui gruge les sillons mis à nu. La plaque est finalement encrée dans les creux laissés par l’acide et mise sous presse. L’image transférée sur le papier se retrouve ainsi inversée par rapport au motif dessiné.

Clarence Gagnon

(Montréal 1881 – Montréal 1942)

 

Plaque d’impression pour Grand Canal, Venise

vers 1905

Cuivre

18,8 x 25,3 cm

Acheté en 1989, legs Horsley et Annie Townsend

Musée des beaux-arts de Montréal, Gr.1989(1967.1562).5cc

Photo : MBAM, Jean-François Brière