Cette peinture aux couleurs vives montre un homme paré de vêtements ainsi que d’ornements amérindiens et européens. Il est représenté à mi-corps et fait face au spectateur. Derrière lui se dressent une forêt de conifères et des montagnes.

Zacharie Vincent

(Wendake, Québec, 1815 – Québec 1886)

 

Telari-o-lin, chef huron et peintre

vers 1875–1880

Huile et mine de plomb sur papier

72,8 x 51,3 cm

Don de la succession H. H. Lyman, 1915

© Château Ramezay – Musée et site historique de Montréal, 1998.1098


L’autoportrait Telari-o-lin, chef huron et peintre exprime une liberté stylistique et une vitalité de couleur qui contrastent avec les paysages et les portraits classiques de l’époque. Dans son œuvre, Zacharie Vincent s’approprie non seulement la technique de la peinture occidentale, mais également des ornements honorifiques de la culture dominante, comme la médaille à l’effigie de la reine Victoria. Il arbore aussi avec fierté des attributs vestimentaires et décoratifs traditionnels. Ce faisant, Vincent renverse les codes habituellement utilisés par des artistes comme Paul Kane dans leurs représentations romantiques de peuples autochtones, tout en montrant la capacité d’adaptation et le métissage culturel de la nation huronne.


Zacharie Vincent a peint plusieurs autoportraits. Il s’y représente souvent dans une pose frontale, avec une coiffe ornée de trois plumes d’autruche et d’une croix de Malte qui ressemble à l’insigne royal du prince de Galles, futur roi Édouard VII. L’artiste se présente à l’histoire en tenue d’apparat comme un chef au même titre que le prince. La production artistique de Zacharie Vincent, qui comprend plus de 600 œuvres, trouve peu à peu sa place dans l’histoire de l’art canadien. Cependant, il reste encore beaucoup à faire pour y intégrer les œuvres d’autres artistes autochtones et nuancer l’image romantique perpétuée par les artistes occidentaux de l’époque.

CHÂTEAU RAMEZAY

280, rue Notre-Dame Est
Montréal (Québec), H2Y 1C5
514 861-3708

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