Cette photographie montre un morceau de tissu qui reprend les dimensions d’une feuille de format lettre. Le tissu est entièrement brodé de perles rouges et blanches. Les perles blanches forment des lignes horizontales à la manière d’un texte sur un fond de billes rouges.

Nadia Myre

(Montréal 1974)

 

Indian Act (détail)

[Loi sur les Indiens]

2002

Tissu, papier imprimé, perles, fil, ruban adhésif et aiguille

46 x 38,7 x 5,5 cm

Acheté pour la collection Prêt d’œuvres d’art en 2005, transféré à la collection permanente du Musée national des beaux-arts du Québec

Collection du Musée national des beaux-arts du Québec, 2008.201

© Nadia Myre / CARCC (2018). Photo : MNBAQ, Idra Labrie


La Loi sur les Indiens adoptée en 1876, qui plaçait les peuples autochtones sous la tutelle de l’État, constitue aujourd’hui encore une tache dans l’histoire canadienne. Près de 125 ans plus tard, Nadia Myre dénonce la discrimination et l’exclusion de cette mesure législative dans Indian Act [Loi sur les Indiens]. L’artiste utilise la technique du perlage pour détourner et se réapproprier le texte législatif. Elle brode des perles de couleur sur les 56 premières pages du texte de loi, les blanches se superposant aux lettres des mots qui le composent pour l’invalider. L’œuvre, réalisée avec l’aide de plus de 200 collaborateurs et collaboratrices, expose et dénonce cette politique coloniale toujours partiellement en vigueur.


Bien que Indian Act date de 2000-2002, sa présence en 1876 dans notre récit n’est pas fortuite. Elle souligne l’importance de cette loi dans la production de Nadia Myre, artiste algonquine multidisciplinaire qui s’est réapproprié son statut d’Indien en 1997. Si la quête d’identité et l’hybridité culturelle sont des concepts qui reviennent dans plusieurs de ses œuvres, l’artiste cherche surtout à reprendre et à redire l’histoire canadienne en exposant les discours colonialistes du pays. Le langage et les symboles comme outil de communication sont importants dans la réécriture de Myre ; l’artiste n’hésite pas à mélanger les traditions artisanales ancestrales, comme le perlage, et les moyens de communication officiels, comme le texte législatif.

Les pages de l’œuvre se retrouvent dans plusieurs institutions, dont la Collection du Musée national des beaux-arts du Québec.

MUSÉE NATIONAL DES BEAUX-ARTS DU QUÉBEC

179, Grande Allée Ouest
Québec (Québec), G1R 2H1
418 643-2150

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